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Qu’est-ce qu’un bon lycée ?

29 mars 2013

Chaque année le ministère de l’Education nationale publie des indicateurs de résultats des lycées afin de « rendre compte des résultats du service public d’éducation nationale et de donner aux responsables de ces établissements et aux enseignants des outils qui les aident à améliorer l’efficacité de leurs actions » (source : Guide de lecture des indicateurs de résultats des lycées Session 2012) et chaque année des journalistes zélés classent ces informations pour en tirer des palmarès aussi divers qu’inquiétants.

Certains, comme le journal Le Monde dans sa version papier, ont choisi de publier la liste des lycées à plus forte valeur ajoutée (différence entre le taux de réussite au baccalauréat et le taux attendu en fonction des élèves accueillis). Évidemment, dans ces 36 établissements pas de lycées du centre de Paris qui font réussir les meilleurs, donc sans forte valeur ajoutée.

D’autres, plus nombreux, confondent comme toujours la liste des lycées aux meilleurs résultats au bac avec la liste des meilleurs lycées. Et là c’est un festival. Des centaines d’établissements, privés pour la plupart, tous d’enseignement général bien sûr, sont livrés aux parents avides de savoir dans quel lycée leur enfant aurait 100% de chance d’avoir son bac… si il avait le privilège d’y être scolarisé en terminale. Comme si l’assouplissement de la « carte scolaire » n’avaient pas déjà assez causé de dégâts en matière de concurrence scolaire. Comme si un établissement qui réduit le nombre de ses conseils de discipline et de ses redoublements, qui augmente ses résultats chaque année, ou qui propose des méthodes pédagogiques innovantes, et qui accepte, recrute et garde des élèves dont les origines sociales et scolaires sont variées n’était pas plus emblématique en matière de réussite scolaire qu’un établissement homogène socialement et scolairement qui « réoriente » ses élèves avant le bac ou inscrit en candidats libres ceux qui risquent d’échouer à l’examen final. Comme si prendre en compte le projet de vie d’un jeune, lui ouvrir de nouveaux horizons, lui donner confiance en lui valait moins que lui garantir une mention au bac…

Il n’est pas question de jeter la pierre aux journalistes, qui veulent proposer des classements « attractifs », et encore moins aux services statistiques du ministère de l’Education nationale. Non, il est juste question de rappeler que partout, dans nos quartiers, dans nos campagnes, dans nos banlieues, des équipes formidables inventent chaque jour de nouvelles façons de faire aimer l’école, donnent de leur personne pour casser les clichés et les frontières, et que eux aussi mériteraient de se retrouver en haut des classements un peu plus souvent.

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