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L’éducation : un investissement d’avenir dans tous les territoires

7 mars 2012

Voici l’interview que j’ai donnée pour la dernière newsletter de Communes de France (à télécharger ici) :

Communes de France – 150 000 jeunes sortent sans qualification du système scolaire. On peut dire que la France a perdu depuis longtemps le triple A de l’éducation. Pensez-vous comme le dit l’agence Standard & Poor, que la clé de la croissance de demain se trouve dans les investissements massifs qui doivent être faits aujourd’hui dans l’enseignement, la formation et la recherche ?

Colombe Brossel – Fort heureusement, je n’ai pas attendu les agences de notation pour affirmer que l’éducation n’est pas une dépense mais un investissement d’avenir ! Le système éducatif dans son ensemble est aujourd’hui en grande difficulté pour panser les plaies d’un système qui creuse les inégalités plus qu’il ne les combat. Le gâchis est de taille lorsqu’on connaît l’apport d’un enseignement de qualité. En effet, l’Observatoire du Dialogue et de l’Intelligence Sociale (ODIS) a mis en lumière la corrélation entre la performance éducative d’un territoire, sa capacité à organiser la solidarité de chacun avec tous et sa réussite sur les plans sociaux et économiques. Se donner les moyens de faire de l’école le cœur de notre idéal républicain ne vise donc pas seulement la croissance économique – que cherche Standard & Poor – mais surtout le progrès social, fer de lance de notre projet de société.

2 – De nombreux témoignages d’élus attestent des difficultés : suppressions massives de postes, diminution des dotations horaires, suppression des RASED par endroit… Comment les collectivités s’organisent-elles pour pallier les carences de l’Etat qui conduisent à la casse du service public de l’Education ?

L’école est aujourd’hui la cible d’une logique purement comptable de réduction des « coûts », comme si la formation de nos jeunes était une « charge ».

A Paris, depuis 2008, ce sont plus  de 270 postes qui ont été supprimés dans le 1er degré dont 73 postes de Réseau d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté (RASED). Dans le second degré, outre les baisses de Dotations Horaires Globales constatées, la situation n’est guère préférable. L’assouplissement de la carte scolaire voulue par le gouvernement depuis 2007 a en effet généré un système pervers dans lequel les établissements les moins attractifs voient leurs moyens diminuer, alors qu’il faudrait faire l’inverse et aider d’avantage les élèves en difficulté. Mais au-delà des suppressions de postes, le Ministère de l’Education Nationale a également baissé le budget consacré aux projets pédagogiques. Entre 2002 et aujourd’hui, il est passé de 6% à 0,8% du Budget global de l’Education Nationale ! Et ce sont les collectivités locales qui ont pris le relais. A Paris, nous développons ainsi notre projet éducatif en concentrant nos efforts sur les établissements les plus en difficulté. Je ne citerai que deux exemples : le programme l’Art pour grandir qui permet de proposer des projets en lien avec les institutions culturelles parisiennes aux enfants et aux adolescents et le million d’euros supplémentaire que le Maire de Paris a souhaité débloquer, chaque année,  pour financer des projets destinés à revaloriser l’image de la cinquantaine de collèges fragilisés par l’assouplissement de la carte scolaire.

3 – Quelle sera la situation dans les établissements scolaires parisiens à la rentrée prochaine ?

avec les  décisions annoncées au Comité Départemental de l’Education Nationale ; la rentrée prochaine ne se passera pas bien. Elle verra la suppression de 98 postes d’enseignants dont 34 postes de remplaçants et 46 postes de RASED, et ce en contradiction complète avec les besoins exprimés chaque jour par les enseignants, les parents, les agents et les élus.

Au collège, la situation ne sera pas meilleure : alors que nous attendons plus de 450 collégiens supplémentaires pour la rentrée, le rectorat a annoncé la suppression de l’équivalent de 14 postes d’enseignants. Malgré les trésors d’inventivité que déploie le Ministère de l’Education Nationale pour expliquer que « globalement » les choses vont bien et que les moyens resteront « constants », nous constatons bien dans le détail que la situation se détériore et que ce sont les élèves cumulant difficultés sociales et scolaires qui encore une fois feront les frais de cette politique mue par une seule logique comptable puisque avec des classes surchargées il est très difficile de mettre en place un suivi personnalisé.

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