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Évitements, creusement des inégalités… voilà les effets de l’assouplissement de la carte scolaire

9 février 2012

Le rapport d’évaluation de la politique d’assouplissement de la carte scolaire rendu public en janvier 2012 par le Cepremap (centre pour la recherche économique et ses applications) et l’École d’économie de Paris fait l’objet d’un traitement médiatique très étrange. En effet parmi les récents articles publiés à son sujet beaucoup s’inscrivent presque à contre courant du contenu de ce rapport, l’AFP titrant même sa dépêche « la réforme de la carte scolaire a aidé des élèves socialement défavorisés ». Quelle bonne nouvelle ! Pourtant depuis 2007 les demandes des élèves boursiers sont restées très minoritaires et à l’inverse les chercheurs du Cepremap ont pointé un réel creusement des inégalités.

La même dépêche tire comme conclusion de sa lecture du rapport que « l’assouplissement de la carte sco­laire a sur­tout eu un impact sur les col­lèges de l’éducation prio­ri­taire, en rédui­sant leurs effec­tifs, et en per­met­tant à des élèves socia­le­ment défa­vo­ri­sés d’accéder à des établis­se­ments publics de meilleur niveau ». On pourrait croire qu’il ne s’agit là que d’un point de vue, le verre à moitié plein contre le verre à moitié vide. Sauf que Gabrielle Fack et Julien Grenet, les auteurs du rapport, écrivent bien que « la réforme de 2007 a contribué à accentuer l’évitement des collèges les plus difficiles ». La lecture de la dépêche, d’ailleurs largement reprise, laisse dès lors comme un mauvais goût d’information orientée… Car non, lorsque les collèges de l’éducation prioritaire se vident de leurs élèves et de leurs moyens, lorsque le fossé social a été creusé entre les établissements du secteur public du secteur privé, on ne peut pas tirer un bilan positif de l’assouplissement de la carte scolaire et regretter que les élèves boursiers aient été si peu nombreux à s’être saisis de cette « possibilité qui leur est désormais offerte » comme l’ont écrit certains commentateurs.

Lorsque études après rapports, élus et chercheurs dénoncent sans relâche l’accroissement de la ségrégation scolaire et les risques de ghettoïsation engendrés par la promesse du « libre choix », il est urgent d’envisager une autre façon de penser notre système public d’éducation, qui valorise et soutienne les efforts des équipes éducative, l’image des établissements dans leur quartier, en un mot nous devons nous donner les moyens de recréer un véritable cadre de confiance pour les jeunes, leurs familles et les adultes qui les accompagnent au quotidien.

Pour consulter l’intégralité du rapport : www.parisschoolofeconomics.com/grenet-julien/Rapports/Rapport_FackGrenet2012.pdf

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