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Voeux et questions d’actualité au Conseil de Paris sur les suppressions de moyens, l’éducation prioritaire et la rentrée 2011 – 11 Juillet 2011

13 juillet 2011

Vœu du groupe PCF/PG relatif aux suppressions de postes d’enseignants du RASED (13ème)

Avis favorable sur ce vœu qui vient alimenter la litanie des vœux sur ce sujet au gré de nos Conseils depuis les annonces par le rectorat des suppressions de postes au mois de février.

Évidemment, avis favorable, la vraie difficulté sur ce sujet, c’est que l’on voit bien à quel point la notion même de réseau d’aide est en train d’être foulée au pied par le Ministère de l’Éducation nationale.

Au-delà même de la vision comptable dont nous avons pu débattre un certain nombre de fois dans cet hémicycle, on voit bien que le discours qui consiste à dire que les enfants qui étaient auparavant suivis par les réseaux doivent être accompagnés pendant les deux heures d’aide personnalisée est une façon de nier la spécificité même des réseaux d’aide et notamment la particularité qui était sur la prévention.

On n’a plus d’outil de prévention, on n’a plus qu’éventuellement des outils qui n’ont d’ailleurs pas grand-chose à faire avec les réseaux d’aide.

Ce sont donc des élèves qui sont souvent confrontés à une double peine, je pense par exemple aux élèves du 67, avenue Bolivar, une école dans le 19e arrondissement où l’on ferme une classe et, en plus, on ferme un réseau d’aide, un poste de maître « G » je crois.

Ce sont donc des enfants qui seront plus nombreux dans les classes, toujours avec autant de difficultés, mais plus nombreux dans les classes et avec aucun dispositif pour les accompagner et les aider dans la réussite de leur scolarité.

C’est donc un démantèlement vraiment tragique des réseaux d’aide auquel nous sommes en train d’assister depuis de nombreuses années.

Merci donc de votre alerte, nous porterons évidemment (nous l’avons déjà fait) et nous continuerons à porter ces revendications devant le Rectorat et le Ministère de l’Education nationale.

Vœu du groupe PCF/PG relatif à la suppression d’une classe pour handicapés CLIS à l’école élémentaire Guadeloupe (18ème)

Ce vœu met en lumière un sujet sur lequel nous sommes, avec Véronique DUBARRY, en alerte depuis quelques mois déjà, c’est que la politique concernant notamment l’implantation de classes pour accueillir des enfants porteurs de handicaps dans Paris ne répond, ou peut-être répond d’ailleurs à un schéma global et à une volonté politique et administrative, mais que les élus parisiens en sont les derniers informés. Quand je dis « les élus parisiens », ce sont évidemment les élues parisiennes,Véronique DUBARRY et moi-même, mais également les maires d’arrondissement.

Nous sommes tout à fait persuadés avec les maires d’arrondissement avec lesquels nous avons échangé, que l’ensemble des élus doivent pouvoir être informés pour pouvoir ensuite accompagner un certain nombre de déploiements.

C’est donc la raison pour laquelle Véronique DUBARRY et moi-même avons écrit la semaine dernière au recteur de l’académie, pour lui demander, sous la forme qui lui siéra, que ce soit un temps particulier du C.D.E.N. (NDLR Conseil Départemental de l’Éducation Nationale) ou que ce soit un groupe de travail spécifique, mais que nous puissions avoir avec les élus parisiens un temps d’information sur l’A.S.H. (NDLR Adaptation Scolaire et scolarisation des élèves Handicapés) en général et notamment l’implantation d’un certain nombre de classes en particulier, pour que nous puissions être relais, accompagnants, moteurs, y compris d’ailleurs avec un élément qu’il ne faut pas négliger : les maires d’arrondissement ont maintenant la tâche sur leurs I.L. de procéder à un certain nombre de travaux.

Quand on doit accueillir une classe avec un public porteur de handicaps et qu’il faut aménager une école, les maires d’arrondissement doivent pouvoir intégrer ce type de demandes ou d’ajustements dans la programmation des travaux de leurs écoles du premier degré.

Je pense que cette demande est importante et légitime. Pour en avoir discuté avec l’inspecteur d’académie du premier degré, il n’y est absolument pas opposé.

Voilà la première chose que je tenais à dire, cela me paraît un éclairage important sur ce qui a pu présider à votre vœu.

La décision de fermeture de cette C.L.I.S. (NDLR Classe d’Intégration Scolaire) à l’élémentaire Guadeloupe n’est pas dictée par un besoin d’accueil supplémentaire au sein de cette école, puisque les nouvelles inscriptions relevées en juin montrent qu’elle possède encore 42 places disponibles, elle est donc loin de faire le plein.

« A contrario », sur le 10e arrondissement, en dehors de quelques classes d’A.I.S. (NDLR classe d’Adaptation et d’Intégration Scolaire), on ne trouve qu’une implantation de C.L.I.S., mais, à cette rentrée, l’Académie a souhaité opérer plusieurs transferts de C.L.I.S. Certains ont pu se faire, d’autres non et nous avons vécu un certain nombre d’épisodes dans d’autres arrondissements.

L’argument qui nous est proposé – mais, comme je vous le disais, nous n’y sommes que très peu associés -, c’est qu’il y a un besoin de rééquilibrer territorialement les moyens, ce qui en soi n’est d’ailleurs pas idiot et mériterait d’être étudié, mais, là aussi, nous souhaitons pouvoir être associés.

Je précise que, à Paris, il n’y a pas de tension sur les C.L.I.S. 4 mais plutôt sur les C.L.I.S. 1, c’est là où on nous signale un manque de places et donc c’est un élément qui nécessiterait d’être modifié.

Je ne vous refais pas tout l’argumentaire, nous pourrons échanger après sur la répartition des C.L.I.S. dans Paris et pourquoi on en arrive là. Moi, « a priori », je réserverai un avis favorable à votre vœu, mais en vous demandant d’y intégrer deux modifications, d’abord que l’on rappelle que les besoins sont en C.L.I.S. 1, parce que l’on ne va pas raconter des choses fausses dans les vœux que l’on vote et que, donc, c’est les C.L.I.S. 1 qui nécessitent des moyens supplémentaires du Rectorat et je trouverais pertinent que nous puissions ajouter ce dont je parlais à l’instant avec Véronique DUBARRY, à savoir qu’une concertation renforcée entre le rectorat, les mairies, de Paris et d’arrondissement, et les équipes pédagogiques puisse être mise en place préalablement à toute modification de l’implantation ou à l’implantation de C.L.I.S. à Paris. Je crois que c’est ce qui nous permettrait de pouvoir accompagner autant que possible, avec la connaissance des orientations M.D.P.H. via Véronique DUBARRY et avec la connaissance des projets des équipes pédagogiques de terrain.

Il me semble que si vous acceptiez ces deux modifications, on renforcerait encore le poids du vœu et nous pourrions le voter tous ensemble.

Question d’actualité du groupe PCF/PG sur l’éducation prioritaire à Paris.

Merci à Emmanuelle BECKER.

Je suis un peu embêtée pour répondre à votre question parce que, en fait, nous avons beaucoup de questionnements et peu de réponses. Et nous avons également beaucoup d’inquiétude.

Nous avons beaucoup de questionnements, parce que, comme vous, nous assistons à un détricotage permanent de cette nouvelle politique de l’annonce, là aussi permanente, et donc on a vu apparaître effectivement l’arrivée des E.C.L.A.I.R., qui remplacent les C.L.A.I.R., qui eux-mêmes remplacent les R.A.R., qui remplacent les Z.E.P. Tout ceci, je vous rassure, sans aucune politique d’évaluation interne au sein de l’ Éducation nationale ! On est quand même dans un ministère qui passe son temps à faire et à défaire – comme disait ma grand-mère, c’est toujours travailler – mais, enfin, faire et défaire sans évaluer, cela devient quand même la limite de l’inconséquence !

Alors, aujourd’hui, on est quand même dans un grand flou. On a une cartographie de l’éducation prioritaire à Paris qui n’a pas été revue depuis une vingtaine d’années et la population parisienne, elle a changé depuis 20 ans. Et la population parisienne, elle évolue d’ailleurs parfois très rapidement. On voit des zones de paupérisation dans un certain nombre de nos quartiers. Vous les connaissez, vous êtes élus, vous êtes sur le terrain.

Et ceci n’est absolument pas pris en compte par le rectorat de Paris et par l’Éducation nationale.

On a, comme cela, un certain nombre de groupes scolaires qui sont classés en quartier politique de la Ville et il n’est fait aucun lien de ce classement en quartier politique de la Ville qui, lui, s’appuie réellement sur des données socioéconomiques, avec la situation de ces écoles et leur classement éventuel en Z.E.P. et en R.E.P.

On voit d’ailleurs assez régulièrement revenir dans ce Conseil des vœux émanant des arrondissements et demandant le classement en éducation prioritaire d’écoles qui, manifestement, n’y sont pas.

Le rectorat, pour ne pas être totalement en reste de l’incurie du gouvernement, avait mis en place une classification. Au-delà de la classification Z.E.P., R.E.P., R.A.R., C.L.A.I.R., E.C.L.A.I.R., il a été mis en place une classification de 1 à 5 des écoles, qui était censée contrebalancer ce vide.

Là, on atteint… c’est du grand art !

C’est du grand art, donc je vous passe la méthodologie assez subtile qui permet à cette classification d’exister. Elle s’appuie… sur rien ou presque rien et en tout cas sur des extrapolations statistiques qui n’ont aucun rapport avec la réalité. On a, comme cela, des choses absolument formidables.

On a découvert, par exemple, que l’école – et je termine, Monsieur le Maire, je vous rassure, je vous vois regarder la montre – que l’école du 67 rue Simon-Bolivar, que nous sommes allés visiter avec le maire lors de la Nuit des écoles, qui a quand même la particularité, si l’on prend les tarifs de cantine d’avoir 72 % des familles qui ont un tarif de 1 à 4. Je répète : 72 % de 1 à 4.

Eh bien, c’est une école classée en 1 ! Voilà. C’est donc l’une des écoles les plus privilégiées de Paris. Les enseignants et les parents apprécient, je vous rassure !

Voilà ! La cartographie aujourd’hui utilisée par le Ministère de l’Éducation nationale est obsolète. La cartographie utilisée par le Rectorat pour compenser cette absence est obsolète. Et, aujourd’hui, nous sommes face à un grand flou : c’est la généralisation de ce dispositif E.C.L.A.I.R.

Nous avons demandé – et quand je dis nous, c’est, bien entendu, la Ville, ce sont les élus parisiens mais ce sont également les syndicats enseignants et les fédérations de parents d’élèves dans toute leur diversité – des précisions lors du dernier C.D.E.N. de février sur la généralisation de ce dispositif E.C.L.A.I.R. dont nous ne sommes informés que parce que nous lisons les journaux. A l’époque, il nous a été répondu, ce qui est très rassurant, par l’inspecteur d’académie, qu’il n’avait absolument pas les moyens de nous informer et nous sommes aujourd’hui à quelques mois de la rentrée scolaire et lui n’a manifestement pas d’information, mais alors nous, encore moins que lui !

Question d’actualité sur la rentrée scolaire 2011

Cette question est d’actualité car on est à deux mois de la rentrée et aussi parce que ni vous ni moi ne sommes présidents de la République mais par contre, il y a un président de la République en exercice qui s’est rendu en Lozère qui a prononcé cette phrase incroyable : « La rentrée 2011 se passera dans d’excellentes conditions ».

Vous parliez d’un défi contre l’arithmétique ; ce n’est pas un défi contre l’arithmétique mais un déni de réalité, c’est un déni de réalité ! La rentrée 2011 va mal se passer. 1.500 classes seront fermées à la rentrée prochaine ! Et à Paris aussi !

À Paris, nous avons des élèves en plus, et nous avons des classes en moins ! À Paris, nous avons dans le 19e arrondissement sept fermetures de classe ! Et vous savez quelle est la réponse de l’inspecteur d’Académie du premier degré ? « Vous avez le taux d’encadrement le plus fort de Paris ». Allez dire aux enseignants que ce sont des nantis dans le 19e, allez dire aux parents d’élèves du 19e que ce sont des privilégiés ! Ils vivent la réalité au jour le jour, et c’est à eux qu’on répond qu’il y aura sept fermetures de classe !

Et dans le 15e arrondissement, Monsieur GOUJON, je me suis battue pour qu’il y ait des ouvertures de postes dans le 15e, parce que les enfants du 15e ne méritent pas d’être à 28, 29, 30 ou 31 en maternelle ! Aucune ouverture de poste supplémentaire dans le 15e.

Alors, non ! La rentrée ne se passera pas dans d’excellentes conditions ; elle va mal se passer.

Et la rentrée va encore plus mal se passer parce qu’au-delà de la poussée démographique que nous connaissons par exemple au collège, nous avons une poussée démographique en petite section de maternelle dans beaucoup d’arrondissements à Paris, et j’ai là dans l’assemblée un certain nombre de maires d’arrondissement qui nous ont expliqué les contorsions qu’ils ont faites pour que les enfants  aient accès à l’école à la rentrée.

Quand il n’y a plus de places dans l’école de secteur parce que des classes ont été fermées année après année, et qu’aujourd’hui on est déjà le 11 juillet, avec des classes qui sont à 30 élèves, ce sont des maires d’arrondissement qui disent : s’il y a des déménagements cet été, nous ne savons pas où nous pourrons inscrire les enfants. C’est cela, la réalité parisienne aujourd’hui, et c’est là où il y a un déni de réalité.

Cette rentrée se prépare mal, elle se prépare avec toujours une seule vision de logique comptable. Non, nos enfants ne sont pas des statistiques ; nos enfants sont l’avenir de la France, et pour l’avenir de la France on a le droit d’avoir un peu d’ambition et donc de réfléchir.

C’est bien la raison pour laquelle, et je conclurai par cela, à la demande de la présidente de la F.C.P.E. Paris, 12 maires d’arrondissement de gauche ont signé auprès du recteur et du ministre de l’Éducation nationale un appel pour qu’ils reviennent sur les mesures absurdes qui ont été prises. On ne peut pas, année après année, avoir de plus en plus d’enfants à Paris et de moins en moins de moyens pour l’Éducation nationale !

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