Skip to content

Une rentrée 2011 qui s’annonce des plus compliquées

18 mai 2011

Alors que nous ne cessons d’alerter l’opinion sur la préparation de la rentrée 2011, le ministre de l’Education nationale a annoncé il y a quelques jours ce que nous redoutions : 1500 classes de maternelles et  primaires vont être supprimées alors même que  4900 élèves supplémentaires sont prévus pour la rentrée 2011.

La France est pourtant déjà classée parmi les pays de l’OCDE qui consacrent le moins de moyens à l’école primaire ! M. Chatel poursuit donc sa logique du pire, en annonçant, comme pour mettre de l’huile sur le feu, que ces suppressions n’auront aucune incidence sur le nombre d’élèves par classe.

Les chiffres sont pourtant têtus : un article de Rue89 ainsi qu’un récent dossier de Libération mettent d’ailleurs en lumière des paramètres peu opposés aux arguments du ministre, et  le rapport de la Cour des Comptes de 2009 ainsi que celui, plus récent, du Conseil d’Analyse Stratégique sont clairs sur le retard français en termes d’encadrement. Les mobilisations se multiplient et s’amplifient dans toute la France, des opérations « école déserte » aux occupations d’écoles par des parents d’élèves, en passant par la « séquestration symbolique » d’un directeur d’école, dans l’objectif de protester contre le démantèlement en règle du service public d’éducation. Le SNES-FSU a appelé à un rassemblement le 11 Mai place de la Sorbonne  pour sensibiliser aux difficultés rencontrées par la réforme de la masterisation.

Le SNUipp a confirmé, après l’annonce de M. Chatel, l’appel à manifester le 18 Mai devant le ministère de l’Education nationale, et le 20 Mai, la FCPE organise des « nuits des écoles » un peu partout en France avec des débats publics sur l’avenir de l’Ecole. La pétition « De l’ambition pour l’école ! » lancée il y a quelques jours par cette fédération est toujours d’actualité et est à relayer le plus largement possible. 

Par ailleurs, deux annonces d’expérimentations au collège pour la rentrée de septembre inquiètent l’ensemble de la communauté éducative à juste titre tant elles remettent en question le principe du collège pour tous. La circulaire est attendue pour la mi-juin, mais pour l’heure, ce qui est prévu est assez vague et peu rassurant. Une cinquantaine de collèges volontaires seront concernés par la mise en place d’évaluations en fin de 5ème en français et en maths dans l’objectif affiché de  repérer les élèves en difficulté. Les syndicats ont alors raison de s’inquiéter du risque de recréer un palier d’orientation en fin de 5ème, pourtant supprimé en 1992, se profilant comme un outil de tri sélectif des élèves voué à être étendu à tous les collèges. Les éléments de langage du ministère en font plutôt une « individualisation des parcours », afin de détourner l’attention. Il suffirait simplement de prendre un échantillon représentatif des établissements scolaires de la France entière pour avoir des résultats plus qualitatifs. Une deuxième expérimentation concerne la 3ème, avec la mise en place d’une « prépa-professionnelle » sur le modèle de l’actuel module de découverte professionnelle de 6 heures. Dès l’âge de 15 ans, les élèves pourront s’inscrire dans des centres de formation d’apprentis. Alors que la précédente tentative de De Villepin, dans le paquet du Contrat Première embauche (CPE), consistant à permettre l’apprentissage dès l’âge de 14 ans, avait connu un échec cinglant, on souhaite aujourd’hui faire passer par la porte ce qu’on n’arrivait pas hier à faire passer par la fenêtre.

Du reste, ces expérimentations se heurtent à la volonté d’un socle commun des connaissances et des compétences acté en 2005 ainsi qu’à la scolarité obligatoire commune jusqu’en 3ème. Comme François Dubet* le suggère, il s’agit, en réalité, de reléguer les élèves en difficulté sociale et scolaire dans une voie professionnelle dont on pourrait faire, par ailleurs, une voie d’excellence.

Il semble donc que le leitmotiv de la communication gouvernementale soit  l’imposture comme le prouve la suspension des allocations familiales pour les parents des élèves absentéistes, cette double peine remise au goût du jour dans la foulée des élections régionales de 2010 et qui concerne, depuis la parution du décret d’application en janvier de cette année, seulement 5 familles.

 *la lettre de l’Education du Monde, 9 Mai 2011, n°702.

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :