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Pour un réel encadrement de nos enfants

19 avril 2011

Un an après les Etats Généraux de la sécurité à l’école, qu’en est-il des propositions pour améliorer le climat scolaire ? L’inflation de faits divers liés à des agressions dans des établissements devient préoccupante – nous recevons presque quotidiennement des signalements d’incidents à Paris-, au point que rapports et commissions se multiplient pour dénoncer et tenter de résorber ce phénomène. Une étude de l’UNICEF, commandée par l’Observatoire international des violences à l’école, constate qu’un enfant sur dix ne s’y sent pas bien. Les micro-violences (insultes, intimidations, rejets, etc.) peuvent par ailleurs entraîner absentéisme, délinquance, faible estime de soi et tendances à la dépression : il est donc important de ne pas les sous-estimer. Ce rapport précise que les élèves violents sont le plus souvent des garçons et les écoles classées en ZEP ne présentent pas plus de faits de violences que les autres. Les suppressions de postes dans l’Education nationale, que l’on dénonce année après année, risquent pourtant d’aggraver la situation. Comment, dans ces conditions, Luc Chatel peut-il sérieusement prétendre vouloir « sanctuariser » l’école ? Les « premières mesures concrètes » seront annoncées aux assisses sur ce thème au mois de mai, mais il ne faudrait pas faire diversion avec un sujet aussi important que la violence à l’école, pour, finalement, ne pas engager les moyens nécessaires aux ambitions affichées.

Sylvie Ayral, dans un livre paru en mars[1], conclut son analyse des rapports conflictuels entre les élèves et le personnel enseignant en préconisant d’intégrer à leur formation initiale et continue la problématique du genre dès la maternelle, ainsi que des modules de gestion des conflits et du phénomène de harcèlement, afin qu’il soit mieux appréhendé. Pour enrichir cette contribution à l’amélioration de la formation des enseignants, fortement dégradée par la réforme de la mastérisation, une intégration plus en douceur des stagiaires et un encadrement plus important que le tutorat a minima proposé actuellement doivent être mis à l’ordre du jour. La présence d’adultes dans tous les lieux de vie de l’école et aux abords des établissements, où nombre de conflits ont tendance à se développer, doit aussi être renforcée. Malheureusement, le dernier rapport  du Conseil d’Analyse Stratégique (CAS) pointe le retard de la France, particulièrement en termes de taux d’encadrement des élèves, parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. D’autre part, la revalorisation du métier d’enseignant doit être prise à bras le corps ; elle est pourtant remise sur la table des négociations à chaque rentrée scolaire, sans résultats jusqu’à présent. Alors qu’on attribue aux enseignants de plus en plus de missions, ils ne sont pourtant pas gratifié en conséquence, d’où le découragement de nombreux néo-professeurs à s’engager définitivement dans cette voie. Le CAS souligne les faibles rémunérations des enseignants français comparées à celles de leurs collègues européens. Le Parti Socialiste, avec le projet présidentiel qu’il a présenté mardi 5 avril, s’engage notamment sur la voie de la revalorisation du métier d’enseignant.

[1] Sylvie Ayral, La fabrique des garçons. Sanctions et genre au collège, 2011, PUF.

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