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L’Éducation Nationale n’est pas une entreprise !

5 juin 2010

Le « cost killer » de l’Éducation nationale, Luc Châtel vient de se faire prendre la main dans le sac.  13 fiches ministérielles internes destinées aux responsables académiques ont été rendues publiques cette semaine dans la presse dévoilant les pistes envisagées pour supprimer 16 000 emplois dans le budget 2011 de l’Éducation nationale.

Nous avons toujours dénoncé avec force cette RGPP (révision générale des politiques publiques) qui par le non-remplacement d’un départ sur deux à la retraite conduira à une diminution des effectifs de l’Etat de l’ordre de 190 000 fonctionnaires d’ici 2012, dont 50 % supportés par le ministère de l’Éducation nationale. A Paris 89 postes avaient ainsi été supprimés à la rentrée 2009 dans les écoles maternelles et élémentaires alors que leurs effectifs augmentaient pourtant de 700 élèves.

La feuille de route issue des bureaux de la rue de Grenelle n’en fait pas moins froid dans le dos : hausse du nombre d’élèves par classe ; fin de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans en maternelle ; suppression totale des Rased et bientôt des psychologues scolaires ; précarisation des personnels remplaçants, fermeture des petits établissements en milieu rural… Autant de mesures qui ne feront que consacrer les inégalités scolaires et l’abandon des élèves en difficulté. Alors Nicolas Sarkozy à beau jeu de vouloir lutter à tout prix contre les violences scolaires il manie pourtant la politique du un pas en avant trois pas en arrière à merveille. Désormais c’est la loi du plus fort, ou devrait-on carrément dire du plus riche, qui est consacrée dans nos établissements scolaires. Aux familles de payer pour scolariser leurs enfants de deux ans, aux élèves de parcourir des kilomètres pour trouver une école, aux enseignants de se former auprès d’officines privées.

Il n’est pas acceptable que notre service public d’éducation soit géré à la manière d’une entreprise avec comme seul horizon celui de la rentabilité et du mérite. Nous avons le devoir d’offrir des perspectives d’avenir à notre jeunesse, à toute la jeunesse et nous nous insurgerons chaque fois que l’éducation fera les frais des restrictions budgétaires imposées par l’Etat. Rappelons à ces messieurs du budget la célèbre mise en garde d’Abraham Lincoln : « Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. »

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