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Journée des droits des femmes: le combat continue!

18 mars 2010

Ce 8 mars 2010 sera le centenaire de la journée des droits des Femmes, initiée en 1910. Cette journée dévouée à la lutte pour l’égalité entre les sexes, est 100 ans après, malheureusement toujours d’actualité.

Au mois de décembre dernier, nous organisions à Paris la projection du film tiré de l’ouvrage de Pierre Bourdieu : la domination masculine. Les nombreuses scènes de ce documentaire sont révélatrices de la nécessaire actualité du combat féministe. Un seul exemple : celle tournée dans un magasin de jouets. Un vendeur présente à la caméra des jouets en précisant, comme si cela allait de soi, que certains sont seuls destinés aux garçons et d’autres aux filles. Ceux qu’ils réservent aux filles  s’inspirent du monde ménager au prétexte que les enfants de sexe féminin sont dépourvus d’imagination et ne pourraient s’amuser qu’en reproduisant les gestes quotidiens que  leur mère effectue. A l’opposé,  les jouets pour garçons, dont les qualités créatives seraient innées, s’inspirent du conte, de l’imaginaire ou de l’invention. Bien triste exemple mais qui, à mon sens, illustre bien le fond du problème. Dès son plus jeune âge, l’enfant est plongé dans un univers structuré et conditionné par la différence des sexes, différence qui suppose l’inégalité. J’irai même plus loin en affirmant que malgré l’égalité entre les hommes et les femmes inscrite dans la constitution, il y a aujourd’hui des reculs insidieux plus difficilement opposables que ne l’étaient, par exemple des faits avérés tels que l’impossibilité pour une femme d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de son mari ou de son père,  l’absence du droit de vote ou encore du droit à une maternité choisie sur lesquels se sont cristallisés les combats féministes d’il y a 40 ans.

Cette réalité insidieuse se loge dans les différences de salaires à poste égal qui perdurent, les évolutions de carrières stoppées par la maternité et le partage des tâches ménagères qui est loin d’être effectif. Certes, depuis 100 ans, la situation a largement progressé et les femmes des pays occidentaux sont loin de vivre la même situation que les femmes des pays en voie de développement. Mais s’en tenir à ce constat revient à accepter un nivèlement par le bas des moins constructifs. Les politiques mises en place au cours de ces dernières années – et notamment la question des quotas dans les conseils d’administration des grandes entreprises ou celle de la parité pour les listes électorales, si elles sont à retenir comme autant d’avancées – ne conduisent pas pour autant à une parité réelle  dans les exécutifs locaux ou dans les conseils d’administration. Cette question de société est l’affaire de tous et les acteurs qui encadrent l’enfance le sont en premier lieu : familles, écoles, pairs.

En, effet, si les textes de lois, la constitution entre autre, reconnaissent l’égalité entre les sexes, la nature du combat féministe a évolué. Il s’agit aujourd’hui de remettre en cause des comportements présents souvent dans le cercle privé ou de déconstruire des clichés établis depuis des décennies. La place de l’éducation au sein de ce processus est donc clairement fondamentale.

Aussi, il me semble que les pouvoirs publics ont l’obligation de prendre en compte ce problème et de le traiter avec une volonté politique sur le long terme. En tant que Maire adjointe en charge de la vie scolaire et de la réussite éducative, j’ai souhaité la mise en place de dispositifs, d’actions, de réflexions avec les acteurs concernés.

Ainsi, la Mairie de Paris finance en lien avec la Ligue de l’enseignement une campagne de lutte contre les clichés et stéréotypes à l’école. En effectuant un travail de fond avec les spécialistes de la question et les acteurs de terrain, cette campagne de sensibilisation doit fournir aux équipes pédagogiques les ressources nécessaires pour travailler avec les élèves sur ces questions. Cette campagne intitulée « Rose et Shou » propose un ensemble d’actions pédagogiques : un cycle de conférence autour de la construction des stéréotypes sexistes pour les parents, enseignants ou animateur, ainsi que des ateliers créatifs et culturels en direction des jeunes de la primaire au collège avec différentes approches (théâtre, arts plastiques, cinéma, débats).

La défense de l’égalité des droits implique des acteurs très divers tels les médias, le monde de l’éducation, les politiques, l’entreprise… En réalité, chaque individu est concerné et la remise en question des constructions sociales doit être traitée de front et sur le fond. En considérant le problème de la sorte, le rôle du politique semble évident. C’est à lui d’impulser une dynamique, la mise en relation des acteurs les plus déterminants, de proposer, d’innover et surtout de ne pas laisser régner l’inégalité.

Les idées reçues sont trop souvent utilisées pour justifier des inégalités et des discriminations. C’est en posant les bonnes questions, en remontant aux origines de la création de ces stéréotypes que les choses évolueront. Alors qu’une partie des responsables politiques semble avoir abandonné l’idée de la construction d’un bien vivre ensemble où la mixité serait synonyme d’échange, de respect et de partage, j’en appelle à un mouvement collectif, mobilisant tout autant l’Education nationale que les collectivités, pour qu’enfin chacun ait sa place dans notre société.

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